jeudi 19 avril 2007

En me baladant


Gageons que certains automobilistes seront d'accord.

mercredi 18 avril 2007

L'appétit vient en mangeant


Le Québec vit-il au dessus de ses moyens? Quand on sait que très peu d’investissement ont été réalisé dans l’entretien de nombreux équipements publics, notamment les écoles, les hôpitaux et le système de routes et autoroutes au Québec, on peut se poser la question. A-t-on les moyens de posséder de tels équipements et, surtout, de les entretenir? Quand on sait aussi que la plupart des productions architecturales et d’ingénierie civile ont besoin d’un entretien et de réparations MAJEURS tous les 40 à 50 ans et qu'une grande partie de ces productions atteignent cet âge vénérable au Québec, on peut également s’interroger à connaître les modes de financements de telles réparations. Comment, alors que nous ne semblons pas avoir les moyens de colmater les trous de nos rues ou de calfeutrer les fuites des toits de nos écoles, peut-on imaginer complètement refaire une chaussée ou entièrement remplacer une toiture d’établissement scolaire?

Ferai-je partie de la génération qui, en plus de vivre littéralement les impacts des changements climatiques, devra se débrouiller avec le manque de rigueur (financière) des générations précédentes? Remarquez que, dans les deux cas, la source du problème me semble être le trop grand appétit pour la modernité, le confort et la consommation de ces mêmes générations.

Lifting beauté et cécité municipale


La seconde phase de reconstruction de la rue Saint-Joseph de Québec est débutée depuis maintenant deux semaines, entraînant avec elle la fin de la destruction du Mail Saint-Roch. La première phase de destruction du Mail avait eu lieu à la fin des années 1990. Ce Mail, qui était en fait une rue couverte, avait été implanté au début des années 1970, dans le quartier Saint-Roch de Québec, le principal quartier commercial de la ville au début du XXe siècle, pour contrer son important ralentissement de croissance dû à l’aménagement des grands centres d’achats du secteur de Sainte-Foy, alors en pleine expansion.

D’un côté, on peut féliciter le geste : la revitalisation du premier secteur de la rue Saint-Joseph a porté fruit. On retrouve y actuellement de nombreux restaurants et boutiques haut de gamme. Il est facile de croire que le même avenir attend une bonne partie du secteur qui sera bientôt dégagé.

D’un autre côté, c’est tout un débat social qui est soulevé. Certain clame la Mail Saint-Roch comme une institution, un lieu de rassemblement social et de chaleur en hiver, qu’il est dommage de voir disparaître. Il suffit de se promener quelques instants dans le Mail en destruction pour constater la désolation sur plusieurs visages et pour recueillir les commentaires de déception des passants et utilisateurs de ce lieu. Indubitablement, la décision des autorités municipales est déjà en application et les revendications de divers groupes ont été vaines.

Que l’on détruise une structure pour revitaliser un secteur de la ville, je n’ai personnellement rien contre. D’ailleurs ces lieux, qui manquaient gravement d’entretient, n’avaient rien de très agréables. Cependant, que l’on fasse rien en retour pour supporter une population en manque de moyens me désole. D’accord le Mail Saint-Roch ne fût pas imaginé comme centre d’hébergement ou maison d’échange pour population défavorisée, mais c’est le rôle qu’il en venu à jouer au cours des ans. Ce rôle «par défaut» est connu des autorités municipales, mais complètement ignoré.

Avant les divers travaux de revitalisation (rue Saint-Joseph, parc Saint-Roch), le quartier était l’un des plus pauvres au Canada. Or, ces pauvres existent encore, ils sont simplement ailleurs. On les chasse, les repousse vers d’autres quartiers, comme Saint-Sauveur ou Limoilou, à grand coup de revitalisation, d’espaces verts pour lunch de gens d’affaire du midi et de boutiques pour clientèle de week-end aisée de Sillery.

Je répète : en tant qu’habitant du quartier je suis le premier heureux de voir disparaître ce lieu de passage obligé pour emplettes de tous les jours. Cependant, à quand les gestes de revitalisation accompagnés de véritable plan de support pour les personnes directement touchées, des populations défavorisées à qui on ne demande jamais l’avis préalable.


Ironiquement, les bretelles inutilisées parce que ne menant nulle part de l’autoroute Dufferin, situées à quelques mètres du Mail, seront également détruites cette année. Ces bretelles menaient à un tunnel débuté mais jamais finalisé, creusé à même la falaise de Québec. Des bretelles, donc, construites elles aussi au milieu des années 70, à une époque pleine d’espoir et de grands projets, de trop grands projets pour Québec…

vendredi 13 avril 2007

Thanks, Alanis

J'adore cette parodie : tout à coup, les paroles de cette pièce des Black Eyed Peas sont moins attrayantes. Merci Alanis, c'est esthétiquement déconcertant.

jeudi 12 avril 2007

C'est ma place!

Nous vivons dans un monde individualiste. Chacun ses petites affaires, chacun sa place, et les vaches seront bien gardées. Notre espace personnel et surtout sa délimitation sont des concepts primordiaux dans la plupart de nos rapports sociaux. Vous êtes assis dans un lieu public, à une table de restaurant, ce banc, cette table devient alors vôtre, vous aller jusqu’à placer votre manteau ou votre sac de façon à marquer la limite entre VOTRE espace et LE RESTE de l’espace. Votre chez-soi et toutes les limites qu’il faut franchir à partir de la voie publique pour accéder à votre espace privé démontre également l’importance de s’affirmer en tant que personne.

Il est cependant intéressant de constater que ces limites sont très souples, dépendamment de l’endroit et de la situation où l’on se trouve. J’ai pris l’autobus voyageur cette fin de semaine, pour constater que la portion d’espace m’appartenant le temps du voyage était assez limitée, voire nulle. Vous en parlerez à mon voisin de siège, qui dormait la tête tournée en ma direction, le corps légèrement penché sur moi, sa respiration râlant à un rythme régulier. Non pas que ça m’incommode, simplement, 51 personnes assises dans un autobus voyageur pendant 2h45 partagent le même espace commun sans aucune limite, pour une des rares fois dans leur vie quotidienne.